“Une petite illustration Pixel sense / microsoft pour Johanna.”

A l’occasion d’un article sur le blog Microsoft / PixelSense, Johanna Rowe, amie designer, m’a commandée une petite illustration sur le thème de l’enfance et du jeu.


Ayant “graphisté” pas mal d’applications sur ce support, c’est avec coeur et entrain que je lui ai soumis cette illustration. Si vous voulez voir l’article, il se trouve ici
A++

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Florent Maudoux, Freak’s squeele

Pour ce premier article, je voulais parler d’un auteur que j’aime beaucoup (c’est un euphémisme!) et que je qualifierais de « guerrier ultime de la Bande dessinée ». Ce qui me passionne chez Monsieur Florent Maudoux, au-delà de sa création que j’érigerais au rang des meilleures bd du moment, c’est sa vision de la BD qui transpire de son œuvre. Une passion entière qu’il doit, je pense, mettre au centre de sa vie.Et s’il est une chose dont personne n’aura à redire, c’est que F. Maudoux est un auteur accompli, qui vit sa création entièrement. Non satisfait de nous offrir tous les ans (depuis 2008, publié chez Ankama édition, label 619) 150 pages de bonheur dont 50 en couleurs , Florent se permet aussi d’enrichir Freaks’ squeele d’un spin off publié pour le recueil Doggy bag ( Masiko,Ankama edition, label 619), qui nourrit son univers en s’attardant sur le passé d’un parent d’un de ces héros.


Mais pourquoi tant d’engouement de ma part? 
150 pages par an ce n’est pas si extraordinaire ?! Eh bien si! Et au-delà de cette quantité (plus que respectable) de planches réalisées par an, ce qui pousse mon admiration c’est la qualité du dessin, l’énergie et l’intelligence du découpage, l’humour et l’inventivité du scénario et l’autodérision dont son récit fait preuve . Ceci est tout bonnement incroyable, et cela aurait suffi à faire de cette bande-dessinée, une bonne série, mais l’auteur ne s’arrête pas là.
Bien que l’inspiration du manga ne puisse pas passer inaperçue dans l’écriture graphique de cet auteur, il ne trame pas son récit de points mais de références diverses, culturelles, sociales, qui semblent inspirées de son vécu. Cela a pour effet de rapprocher le lecteur à ses personnages et de les rendre encore plus attachants.
 Quand je lis Freaks squeele , j’ai l’impression de lire l’œuvre d’un auteur qui serait un chainon manquant entre le mangaka, le dessinateur de comics et la bande dessinée Européenne. Cet auteur, à mon avis, a su se nourrir des points forts de ces trois types d’auteur pour en faire la force de son travail.

Au manga, il emprunte une écriture graphique dynamique de qualité et une réflexion autour du personnage. “Master” Maudoux a bien compris qu’en 150 pages on pouvait rentrer plus profondément dans l’âme des personnages , et du coup, leur créer une réflexion plus complexe de ce que l’on peut faire en 50 pages dans une bande dessinée européenne. A la bande dessinée européenne, il emprunte un découpage plus « casé », le plaisir de rendre le lieu plus présent dans la narration. Différemment de la production japonaise qui, pour une problématique de travail à deux fois x mains, ne donne aux décors, que l’importance de se rapprocher du réalisme. Florent lui se permet de nous livrer des décors avec un vrai souci en termes de design, de réflexion et de création. Ceci ayant pour effet de nous décoller de notre siège et de nous emmener dans son univers! Il emprunte aussi à la BD Européenne son statut d’artiste, de créateur original, Sieur Maudoux ne fait pas un énième manga où le style ressemble trait pour trait à 15 autres artistes du moment. Dans Freaks squeele le créateur a su développer sa propre écriture graphique tout en finesse alliant la synthèse du manga avec des nuances d’hyper réalisme, de rendu au trait comme peut faire un moebius. Enfin il emprunte, bien évidemment, aux comics la mythologie du super héro avec lequel il joue hardiment, ainsi que le côté hyper sexy de ses personnages féminins (qui n’est pas pour nous déplaire! Je crois qu’il le fait exprès ).

Et ne parlons pas simplement de « style » mais aussi de lumière et de couleur. Quoi de plus logique que d’utiliser des trames avec une telle écriture graphique, cela aurait simplifié le travail en le rendant un peu plus rapide! (Ce qui n’est pas un détail quand on produit un album de 150 pages et que l’on fait soi-même le scénario, le dessin, la couleur). Eh bien non, Florent ne pouvait pas s’en satisfaire, il a dû nous réinventer un rendu de son cru ;un rendu manga en « niveau de gris ». Soit dit en passant, il fallait osez le niveau de gris sans trame! Toutes les personnes un peu intéressées par la technique du manga le savent,l’apposition de différentes nuances de gris peintes sur une planche en noir et blanc est habituellement dure à maitriser et de rendu médiocre car il en ressort un aspect trop synthétique, trop “ordinateur” dans le mauvais sens du terme!

Florent contourne cet obstacle avec génie et intelligence, il semble répondre ; et bien ajoutons un peu de grain, de bruit photographique, de matière et de capillarité ! Faisons le choix d’un papier plus texturé, qui a pour défaut de boire beaucoup d’encre et de saturer très rapidement les couleurs mais qui donne un rendu de grains superbe et moins lisse! Mais que gagne-t-il à illuminer ses planches en niveau de gris plutôt qu’en trame? Me direz-vous.
En extrapolant un petit peu, je dirais qu’il garde un coût de production de son album moins élevé, comme dans un manga (le niveau de gris et la trame étant moins chère qu’une impression couleur) tout en lui permettant d’aller plus loin dans son rendu. Pourquoi?

Pour cela il faut parler d’un point purement technique; Qu’est-ce que la trame?
C’est un enchainement de points noirs et de vides à petite échelle, qui selon le nombre de points donne l’illusion d’un gris plus ou moins intense.
Cette trame est utilisée en manga pour ajouter de la lumière aux planches mais aussi de la texture. Mais la plus fine des trames ne permet pas ce que l’auteur de Freaks squeele voulait ,à mon avis, insuffler à son rendu ; un grain qui oscille entre la capillarité de l’aquarelle et la densité du grain photographique. Au-delà du travail sur le grain, cela permet aussi à Florent d’amplifier la perspective colorimétrique, de créer les effets d’ouverture d’un objectif photographique comme les flous et la mise au point. Ces derniers sont des effets d’optique très utilisés au cinéma, en vidéo et en animation. Je m’explique. Quand on travaille en couleur, l’arrière-plan peut être travaillé avec des couleurs aux contrastes moins intenses que celles des éléments du premier plan. 
Ceci est une technique visuelle qui permet d’insuffler de la profondeur plus naturellement à une image. Les plan d’une même image sont plus distants car ils ont une valeur de couleur et de luminosité différente. C’est la perspective colorimétrique. Avec la possibilité d’utiliser un vrai gris, l’auteur peut donc, par contraste avec son trait noir, simuler des flous en avant plan ou en arrière-plan et de là, simuler la mise au point d’un objectif. Ces considération peuvent sembler un peu technique ( et très chiantes aussi pour certains) mais démontrent que cet auteur est attaché a toujours prendre le meilleur de ce qu’il voit ou de ce qu’il a appris pour le réutiliser à sa manière. Les effets que je viens d’expliquer lui ont surement été appris aux Gobelins où il a été formé à l’animation.

Enfin parlons du scénario, Florent déploie un talent de conteur incroyable, dosant avec brio l’humour, l’action et les préoccupations physiques, psychologiques et philosophiques de ses personnages. Je ne dévoilerai rien dans ces lignes sur le scénario car je veux que vous courriez acheter Freaks squeele mais je peux quand même vous dire
que l’histoire s’appuie sur une galerie de personnages attachants,dotés de pouvoirs particuliers, dans une école de héros. École qui pourrait ne pas être tout à fait ce qu’elle semble être. Car rien n’est simple avec Florent, même le concept de héros et d’anti-héros peut être retravaillé à sa manière!
En écrivant ces lignes, je me rends compte tout à coup, pourquoi j’adore cet auteur. Parce qu’il possède les choses que je trouve les plus admirables chez un créateur :

• La passion pour son propre univers, ouvert aux autres mais propre à lui-même.
• La dévotion pour son art qui l’a mené à cette qualité technique et à cette écriture graphique personnelle
• L’intelligence dans sa pratique.

Pour finir je le citerai

j’essaye de faire des BD qui sont moins bêtes qu’elles n’en ont l’air.

Bravo Florent, pour moi, c’est totalement réussi!!!

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” Bienvenue sur le Monozyblog ! “

Bonjour chers internautes, il y a un an déjà, Pandart et moi-même avons caressé l’idée d’ouvrir un blog axé sur le dessin, l’illustration et, plus généralement, l’univers de la bande dessinée.

BD-MONOZYBLOG-cartouche-607

Entre la conception et nos plannings de travail chargés, le projet à pris un peu de retard… Mais aujourd’hui, je suis heureux de vous annoncer que c’est chose faite! Il est lancé :) . Ce premier billet est consacré à une petite histoire sur le thème de l’ouverture du blog en 4 pages dessinées à 2 mains.

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Planche 1 bd Monozyblog

Planche 2 bd Monozyblog

Planche 3 bd Monozyblog

Planche 4 bd Monozyblog

Auteurs : Pandart & Franck

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